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Mercredi 16 janvier 2008

Par la suite j'ai commencé à fumer régulièrement. Comme ma coupe de cheveux s'améliorait et que j'avais fait ami-ami avec une des stars du collège on me passait plus rapidement le joint et j'avais le temps de fumer quelques lattes. C'était du shit de merde, ultra coupé et très cher, mais on était tous persuadé que c'était « du bon » parce que quelques uns jouaient les connaisseurs.
« Celui là c'est de l'aya, ça se voit parce qu'il est un peu collant et qu'il s'effrite facilement. »
C'était toujours le vieux truc noir puant, même les mecs cools se faisaient refiler de la merde par les dealers qu'ils connaissaient, et l'effet n'avait rien de terrible. On était juste un peu plus lents à comprendre et c'était parce qu'on en faisait des tonnes que c'était amusant. Je ne crois pas que j'aurais vu une énorme différence en fumant du Nesquik alors on est passé aux bangs.

Les bangs se fabriquent facilement. Il suffit d'une bouteille d'eau, d'un tube creux quelconque et d'un marqueur. En coupant le bout du marqueur et en retirant la mine on fabrique une douille, il faut ensuite l'introduire dans le tube creux lui-même enfoncé dans la bouteille. On remplit d'eau et le tour est joué.
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Avec ça on avait le véritable instrument de défonce, même avec la merde qu'on nous vendait. On allait à l'intérieur de l'église et on prennait chacun une douille. J'ai réussi à gagner un peu de notoriété en coulant mes douilles en une seule fois et sans tousser car j'avais l'habitude de la fumée. Je préfèrais ça au joint car c'était plus efficace et je n'ai jamais aimé le goût du shit. J'aimais le côté spectaculaire du gigantesque nuage de fumée que l'on crachait après chaque douille.

Il y avait quelque chose de plus dans le bang, c'était l'effet « défonce immédiate », effet que je n'ai retrouvé que plusieurs années plus tard en prenant des choses plus dures. Il n'y avait plus cette espèce d'hypocrisie du pétard qu'on pouvait fumer « pour le goût » ou pour essayer. Cette fois c'était vraiment dans l'optique d'être explosé rapidement et simplement, sans fioritures. Ca commençait déjà à devenir malsain.

Un après midi en sortant des cours on s'est mis en tête d'essayer d'en prendre le maximum, alors on est allé dans notre fumoir favori - l'église - et on a aligné une quinzaine de douilles à trois. En sortant je ne comprenais plus rien sauf qu'il y avait une voiture de police garée sur le parvis. On ne savait pas s'ils étaient là pour nous mais on a détalé comme des lapins et on s'est séparés chacun de notre côté. Je me suis réfugié dans un cyber café et j'y suis resté plusieurs heures car j'étais persuadé d'avoir la police à mes trousses. Je pensais qu'ils m'avaient photographié ou quelque chose du genre et qu'ils allaient me filer jusqu'à chez moi pour les deux grammes de shit que j'avais dans la chaussure. J'avais encore cette vision du cannabis comme drogue de mafieux.

Par la suite je suis devenu un peu parano, j'avais compris que je pouvais me faire prendre et que si ça arrivait je serai probablement fusillé par ma mère. Je suis donc resté sage un moment et j'ai baissé la fréquence des douilles afin d'éviter de me faire repérer par les profs - j'avais joué l'avare de Molière avec trois douilles dans la tronche, je pense que ça s'était vu. Il y a eu une petite période tranquille pendant laquelle personne n'avait grand chose à fumer, jusqu'à ce que je tombe sur un type qui pouvait m'en vendre.

Par Duke - Publié dans : Récits
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